Le dernier congrès de l’IMCAS a été le théâtre d’une confrontation révélatrice. Derrière le faste de la Porte Maillot et ses 20 000 participants, une ligne de fracture s’est dessinée entre deux mondes : celui de la médecine esthétique audacieuse et celui de la chirurgie de précision.
Le point de discorde ? Le SMAS (Système Musculo-Aponévrotique Superficiel), cette structure anatomique que j’ai décrite en 1976 et qui demeure le pivot de tout rajeunissement facial durable.
L’illusion de la régénération : Le prix caché de la fibrose
Aujourd’hui, certains médecins esthétiques s’aventurent en terrain profond. En quête de résultats immédiats, ils saturent le visage de fils crantés et d’injections dites « régénératives ». Mais la biologie ne ment pas : là où l’on promet la jeunesse, on provoque souvent une inflammation chronique.
Cette agression délibérée des tissus génère une fibrose cicatricielle. Le collagène physiologique est remplacé par un tissu dense, anarchique, peuplé de myofibroblastes et parfois de réactions à corps étranger. Pour le patient, c’est une promesse de tension ; pour le chirurgien qui doit intervenir plus tard, c’est un champ de mines.
Le cri d’alarme des chirurgiens
Lors de cette session mémorable, de nombreux confrères ont dénoncé les risques opératoires accrus. Passer derrière une médecine esthétique agressive, c’est s’exposer à :
- Une dissection périlleuse dans des tissus indurés.
- Des plans anatomiques effacés par la fibrose.
- Des complications post-opératoires imprévisibles.
Si les fils tenseurs, dont l’inventeur géorgien Sulamanidze reste le plus fervent défenseur, trouvent grâce aux yeux de certains, je reste formel : leur bilan est négatif. Ni économiquement rationnels, ni esthétiquement pérennes, ils ne sont qu’un artifice temporaire au prix d’une altération de la qualité tissulaire à long terme.
L’excellence chirurgicale : La seule réponse durable
Face à l’éphémère des fils, la chirurgie propose une rigueur scientifique et des résultats naturels. Mon approche privilégie la personnalisation plutôt que le remplissage systématique :
- Le Lifting Biplan (Grands Décollements) : L’arme absolue pour les vieillissements marqués, traitant l’excédent cutané et la structure profonde avec une harmonie que seule la main du chirurgien peut sculpter.
- Le Micro SMAS Lift : Une technique de précision pour les premiers signes de l’âge (bajoues naissantes, cou fripé). Elle offre une récupération rapide et une sécurité professionnelle totale.
Là où la médecine esthétique colmate, la chirurgie restaure. Il est temps de redonner à l’anatomie ses lettres de noblesse et de ne plus sacrifier l’avenir d’un visage pour un résultat immédiat mais délétère.
Mots-clefs
Chirurgie esthétique, SMAS, Lifting biplan, Micro SMAS lift, Fils tenseurs, Fibrose cicatricielle, IMCAS, Rajeunissement facial, Sulamanidze, Éthique médicale.
Références Bibliographiques Indicatives
- Mitz, V., & Peyronie, M. (1976). The superficial musculo-aponeurotic system (SMAS) in the parotid and cheek area. Plastic and Reconstructive Surgery, 58(1), 80-88. (L’article fondateur).
- Sulamanidze, M. A., et al. (2002). Removal of facial soft tissue ptosis with special threads. Dermatologic Surgery.
- Mendelson, B., & Wong, C. H. (2013). Changes in the facial skeleton with aging: Implications and clinical applications in facial rejuvenation. Aesthetic Plastic Surgery.
- Guyuron, B. (2007). The adverse effects of non-absorbable fillers and threads on subsequent rhytidectomy. Plastic and Reconstructive Surgery.