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La chirurgie et la médecine esthétique des lèvres : en rajouter en haut, en enlever en bas!!

dessin de la bouche par vladimir mitz
dessin bouche par vladimir mitz

La demande de modification des lèvres de la bouche ou des lèvres génitales(labiaplastie) ne cesse de croître dans le monde ;

Cette demande portée par de nouvelles normes esthétiques transmise par les médias et les influenceuses implique de la part des chirurgiens et des médecins esthétiques une attitude mesurée prudente en respect d’une éthique qui reste délicate à observer ; la règle “d’abord ne pas nuire” passe avant la demande voulez-s “voulez-vous m’épanouir » !

Augmentation des lèvres supérieures et inférieures

L’observation minutieuse de la population féminine vieillissante montre qu’il existe une atrophie de la plaque lèvres ; les lèvres supérieures et inférieures s’affinent ;

Des ridules apparaissent en forme de barre code ; les sillons nasogéniens et les plis d’amertume se marquent davantage ;

Chez l’homme, l’affinement de la lèvre peut être génétique, et des lèvres trop fines confèrent un caractère cruel au visage ce qui peut gêner certaines personnes ; mais le vieillissement de la lèvre supérieure chez l’homme est retardé car il existe une couche de glandes pileuses qui rajoutent une épaisseur au derme profond, en comparaison de la structure féminine des lèvres.

Il existe aussi une demande plus rare de diminution des lèvres supérieures ou inférieures, à la suite d’une macrochéilie congénitale, caractéristique dans certaines races de couleur.

Cette demande peut également exister à la suite d’injection de silicone ou d’acide hyaluronique dans les lèvres supérieures qui en ont déformé les contours.

Mais de loin la demande la plus fréquente concerne l’augmentation des lèvres féminines, qui s’effectue grâce à des injections d’acide hyaluronique, selon des techniques propres à chaque médecin ; pour moi le but est de préserver un caractère naturel, ce qui n’est pas toujours le cas, et pas seulement par la faute du médecin mais aussi du fait de demande exagérée de la part de patientes qui souhaitent avoir des lèvres protubérantes, d’allure parfois caricaturale.

Certaines femmes des pays de l’Est adorent avoir cette bouche synonyme d’une hypersexualité affichée, ou du moins témoignant d’une volupté buccale clairement visible par tous.

Diminution des lèvres génitales(labiaplastie)

Cette demande peut concerner des jeunes filles ou des femmes adultes qui sont complexées par la taille des petites lèvres, présentant une hypertrophie fonctionnellement gênante, soit au moment des rapports sexuels, soit par frottement au cours de la pratique du vélo ; la demande purement esthétique est plus rare, et concerne des jeunes filles dont l’idéal d’apparence provient des images pornographiques où la région génitale de la femme est rasée et laisse apparaître une anatomie idéalisée ;

La technique opératoire de réduction des petites lèvres est bien au point, se divisant en deux grandes catégories : une résection en longueur (qui est ma technique préférée), ou des résections en forme de V, dont les suites peuvent-être plus problématiques.

labiaplastie verticale, dessin vladimir mitz
labiaplastie verticale: cequ’il faut laisser

 

Augmentation des lèvres génitales

Il existe aussi une demande plus rare d’augmentation des grandes lèvres ou des petites lèvres, voire du clitoris chez certaines patientes, à cause d’une perte de volume liée à l’âge qui avance ; cette augmentation peut se faire également par injection d’acide hyaluronique à répéter tous les 2 ans, ou mieux encore à mon avis, par des lipofillings en prélevant la graisse nécessaire à la face interne des cuisses ;

Il faudra parfois répéter le lipofilling après 6 mois pour obtenir un résultat stable, car seulement 30 à 50 % de la graisse injectée va survivre ;

Ces méthodes d’augmentation des lèvres génitales donnent de grandes satisfactions aux patientes concernées, et ne présentent que très peu de complications ; de plus les cellules graisseuses injectées améliorent la trophicité des tissus de recouvrement.

En conclusion

L’augmentation ou la diminution des lèvres au niveau de la bouche ou des organes génitaux à crée une sorte de nouvelle spécialité en matière de Médecine et de chirurgie esthétique : Elle concerne la sphère génitale, et certains collègues rajoutent en plus l’augmentation du pénis, du clitoris, où le gonflement du point G à leur champ de compétence…

Mais cette chirurgie et médecine à tropisme génital n’est en rien fantaisiste ni évidente ; gare aux désillusions, complications, asymétries génératrices de colères et d’insatisfaction ; aussi respecter le naturel et rester dans les clous du à peine visible sont ils les impératifs de prudence à respecter en toute humilité.

 

27 mai 2026

C’est bon pour la santé, le Mag – Serge & Nicolas Rafal
Invité : Dr Vladimir Mitz, chirurgien esthétique et de réparatrice

Publié dans Divers
27 mai 2026

Le staff est une réunion de médecins pour donner des informations aux patients après une consultation multidisciplinaire ou en présence de plusieurs spécialistes. En chirurgie esthétique, il est rare de pratiquer ce genre de réunion, car cela peut être un peu gênant pour le patient qui garde le désir d’un certain secret professionnel. Néanmoins, dans les cas difficiles, il est indispensable que plusieurs avis puissent être émis ; l’intérêt du staff qui a été conçu par l’équipe des docteurs MITZ,MALADRY, SELINGER et KNIPPER es c’est une consultation gratuite, avec délicatesse et une grande confraternité vis-à-vis de précédents opérateurs. Il s’agit d’un avis consultatif et c’est bien le patient qui décidera ensuite du geste chirurgical qu’il voudra pratiquer après qu’ on lui conseillât d’aller retourner voir son chirurgien.

Publié dans Blog, Divers
11 mai 2026

Une équipe de l’université de Pennsylvanie vient de publier une étude portant sur 686 patientes opérées de prothèses mammaires à visée esthétique et réparatrice.
Prepectoral versus Subpectoral Implant-Based Breast Reconstruction: Evaluating the Shift
Cordray, Holly; Khan, Salman; Voytik, Malia;

Plastic and Reconstructive Surgery. 157(5):787-797, May 2026.

Il y a à peu près 300 patients par cohorte, ce qui rend cette étude  pertinente et intéressante ; les résultats sont sans appel ; la tendance la plus récente est de mettre les prothèses en avant du muscle pectoral quand c’est possible, estime cette équipe, car les résultats esthétiques sont supérieurs. Toutefois le taux de complications est pratiquement le double!  2 fois plus d’infections post opératoires quand on met les prothèses en avant du muscle, un taux de reprise presque 3 fois supérieur pour des hématomes, et plus de déhiscence des cicatrices. La mise en place des prothèses en rétro musculaire est donc plus sûre au niveau de l’évolution.

Mon expérience personnelle

Mon expérience personnelle est tout à fait parallèle à cette étude depuis près de 20 ans , moi-même et les membres de mon équipe préfèrent  placer les prothèses mammaires en position pré pectorale pour éviter 3 inconvénients que nous estimons préjudiciables au niveau esthétique  :

1) Le placement plus rapide en bonne position des prothèses quand on les met en pré pectoral car le muscle pectoral ne les bloque plus en position trop  haute pendant plusieurs mois, même si on  incise l’insertion du muscle pectoral sur les côtes inférieures (“dual plane”)

2) Un aspect plus satisfaisant au niveau esthétique, car les prothèses mises en place en pré pectoral créent un aspect plus érotique au niveau de la poitrine, même si on implante des prothèses à projection moyenne, et pas forcément à très haute projection; de plus des prothèses hémisphériques  deviennent  quasiment anatomiques,  car le gel siliconé migre vers la moitié inférieure de la prothèse,  cela est mieux perceptible parce que la prothèse est mise derrière la glande mammaire et non pas cachée par le muscle pectoral.

3) L’implantation pré musculaire est beaucoup moins douloureuse, car c’est le décollement du muscle pectoral au-devant des côtes qui crée les douleurs post-opératoires, qui durent au moins une semaine, alors que la position pré musculaire n’entraîne  peu ou pas de douleur post-opératoire.

Dans ces conditions, il semble qu’aujourd’hui il vaille mieux , quand il existe un tissu cutané graisseux et musculaire satisfaisant au niveau du thorax de la patiente, de placer et  protéger les implants mammaires siliconés micro texturés  en position pré musculaire que rétro musculaire, même si le risque post-opératoire d’infection ou de mauvaise cicatrisation est supérieur ,car ce qui prime est le résultat esthétique à moyen et long terme. Par contre si la couverture cutanée, graisseuse et glandulaire est insuffisante, il vaut mieux évidemment placer les prothèses en position rétro musculaire, en avertissant bien la patiente des inconvénients, car, dans ce cas, les prothèses ont tendance à remonter sous les clavicules quand on contracte les pectoraux,  voire un peu migrer  latéralement au niveau du thorax un peu plat.

Un progrès technique d’ailleurs récent initié par le docteur Éric Auclair de Paris  a été de proposer de renforcer l’épaisseur de la couche cutanée  autour et devant les prothèses en utilisant le principe du lipofilling qui est le prélèvement de graisse sous-cutanée de la patiente elle-même; mais ce geste complémentaire n’est possible que s’il existe des réserves graisseuses satisfaisantes pouvant être prélevées; cette méthode à l’avantage d’estomper les bords de la prothèse et de permettre aussi l’amélioration de l’arrondi du décolleté.

20 avril 2026

Chirurgie esthétique et réseaux sociaux : entre visibilité et cadre juridique

Les réseaux sociaux sont devenus un levier majeur de visibilité pour la chirurgie esthétique, mais ils exposent aussi les praticiens à des risques juridiques, déontologiques et réputationnels importants. En France, la communication est autorisée, mais elle doit rester informative, mesurée et respectueuse du secret médical, sans dériver vers la publicité commerciale ou la mise en scène trompeuse des résultats.

La chirurgie esthétique occupe une place particulière, car elle touche à la fois la santé, l’image de soi et à des attentes souvent trop émotionnelles. Sur Instagram, TikTok ou Facebook, les contenus visuels créent facilement une impression de promesse, ce qui peut faire basculer une simple information en communication promotionnelle. Les autorités et la jurisprudence rappellent aussi que la frontière entre information médicale et publicité est particulièrement étroite en esthétique.

Le cadre déontologique de la communication médicale

Depuis l’évolution du cadre déontologique, un médecin peut communiquer au public sur son activité, y compris via un site internet ou les réseaux sociaux, à condition de fournir des informations de nature à aider le libre choix du patient. Cela inclut, par exemple, des contenus sur les compétences, le parcours professionnel, les techniques pratiquées et les conditions d’exercice.
Dans cette logique, des publications pédagogiques sur l’anatomie, le déroulé d’une intervention ou la préparation préopératoire peuvent être licites si elles restent sobres et exactes.

Le premier interdit est la publicité au sens commercial du terme : il ne faut pas inciter, séduire ou promettre un résultat comme le ferait une marque. Les messages de type “résultat garanti”, les transformations spectaculaires, les offres exclusives ou les prix promotionnels sont à haut risque.

Les établissements autorisés à pratiquer la chirurgie esthétique sont, eux aussi, encadrés par l’article L. 6322-1 du Code de la santé publique, qui interdit la publicité directe ou indirecte sous quelque forme que ce soit.

Photos avant/après : la gestion des risques

Les photos avant/après sont l’un des sujets les plus sensibles. Elles peuvent être utilisées à visée informative, mais deviennent problématiques si elles sont sensationnalistes, non anonymisées ou présentées comme une promesse de résultat. La diffusion d’images reconnaissables de patients a déjà conduit à des condamnations disciplinaires.
L’anonymisation doit être réelle et non symbolique : un simple floutage insuffisant peut laisser le patient identifiable (tatouages, bijoux, arrière-plan).

Secret médical et protection des données de santé (RGPD)

Publier une photo ou un témoignage n’est pas anodin : cela relève des données de santé. Le consentement du patient ne suffit pas toujours à lever tous les risques, car la relation de soin est asymétrique. Les règles du RGPD imposent un cadre strict :

  • Consentement explicite, libre et éclairé.
  • Information sur la finalité exacte de la publication.
  • Droit de retrait à tout moment.

Ce qu’il faut éviter et bonnes pratiques

Les principaux contenus à proscrire :

  1. Les promesses de résultat ou de satisfaction garantie.
  2. Les avant/après trop démonstratifs ou non contextualisés.
  3. Les témoignages de patients identifiables sans anonymisation solide.
  4. Les messages de type “prix cassés”, promotions ou codes avantages.
  5. Les contenus banalisant l’acte médical.

Les 4 piliers d’une communication saine :

Exactitude, sobriété, anonymisation et finalité informative. Priorisez l’éducatif (risques, suites opératoires, contre-indications) plutôt que la séduction.

Conclusion et règles de conformité

Les réseaux sociaux doivent rester un outil d’information. La ligne de crête est simple : informer sans vendre, montrer sans exposer, convaincre sans promettre.

Modèle de consentement recommandé :
« J’autorise la prise, l’utilisation et la publication de mes photographies à des fins de communication sur les supports suivants : site internet, Instagram et Facebook, pour une durée de X mois, avec possibilité de retrait sur demande. »

Publié dans Divers
1 avril 2026

“Ballerina Boobs” : Quand le Moins devient le Mieux (ou presque), la mode de petites prothèses mammaires

Oubliez les silhouettes à la Raquel Welch ou les décolletés qui défient les lois de la gravité au point de vous servir de plateau-repas. En 2026, la tendance gros seins artificiels a fait une cure de détox. On ne veut plus ressembler à une bouée de sauvetage homologuée par la garde côtière ; on veut de la finesse, de la légèreté, du gracieux. Entrez dans l’ère des “Ballerina Boobs”.

Ces petites prothèses, souvent entre 150 et 250 cc, tirent leur nom de l’esthétique des danseuses classiques : une silhouette longiligne, un buste plat mais subtilement galbé, et une allure qui dit “je suis née comme ça” (même si la facture du chirurgien prouve le contraire). J’ai personnellement connu des jeunes filles amenées par leur maman qui disaient il faut lui réduire sa poitrine trop importante  parce qu’elle va bientôt rentrer comme danseuse apprentie à l’opéra! Bien sûr je n’ai opéré ces jeunes patientes que lorsque leur volume de leur poitrine  était supérieur à un bonnet D.

Alors, faut-il succomber à l’appel du petit bonnet ? Passons au crible les hauts et les bas de cette tendance avec un brin d’ironie.

 

Les Avantages : La Liberté de ne rien Porter (ou presque)

1. La fin du supplice de l’armature

C’est sans doute l’avantage numéro un. Avec des Ballerina Boobs, vous pouvez officiellement envoyer vos soutiens-gorge à armatures — ces instruments de torture médiévaux — à la décharge. Vous faites désormais partie du club sélect du “No Bra”. Un simple triangle en soie, un top en coton un peu épais, ou même… rien du tout. Le maintien est intégré d’office. Vos seins ne cherchent pas à rejoindre vos genoux dès que vous retirez votre haut ; ils restent là, fiers et immobiles, comme des petits soldats de plomb.

2. Le chic décontracté à la Française

Il y a quelque chose de profondément snob (et on adore ça) dans la petite poitrine. C’est le comble de l’élégance mode. Vous pouvez porter des décolletés plongeants jusqu’au nombril sans jamais avoir l’air vulgaire. Là où une poitrine généreuse transformerait une robe nuisette en affiche de film de série B, les Ballerina Boobs la transforment en une pièce de haute couture. C’est le look “Jane Birkin” : on est sexy parce qu’on ne semble pas essayer de l’être.

3. Le sport sans le traumatisme crânien

Si vous avez déjà essayé de faire un jogging ou un cours de HIIT avec un bonnet E, vous savez que c’est un sport de combat. Vos seins deviennent des projectiles non identifiés qui menacent de vous assommer à chaque foulée. Avec la tendance ballerine, le sport redeviendra une partie de plaisir. Vous pouvez sauter, courir, faire du yoga la tête en bas sans que vos attributs ne tentent de s’échapper par vos aisselles.

4. Le camouflage tactique

L’avantage des petites prothèses, c’est la discrétion. Personne n’aura l’idée de vous demander : « Alors, on est passé au garage ce week-end ? ». C’est l’augmentation mammaire pour celles qui veulent un secret bien gardé. C’est l’effet “je reviens de vacances, j’ai juste l’air plus reposée… et mon bustier tient mieux”.

  1. Une chirurgie plus facile

Mettre en place de plus petites prothèses se révèle beaucoup plus facile techniquement pour un chirurgien ; les suites sont plus simples pour les patientes puisque l’opération peut se faire en ambulatoire, donc sans hospitalisation; Les cicatrices du site d’implantation seront plus petites parfois cachées dans l’aisselle et les douleurs postopératoires beaucoup moins importantes, puisque le décollement se fait en général devant le muscle pectoral et sans faire de grandes dissections  pour créer une place suffisante ,  Ce qui peut être délabrant si l’on doit implanter de grosses prothèses.

 

Les Inconvénients : Les Petits Désagréments du Petit Format

Parce que le monde n’est pas fait que de tutus et de chaussons de soie, il y a quelques revers à la médaille.

1. Le syndrome du “Tout ça pour ça ?”

C’est le risque émotionnel majeur. Après avoir payé plusieurs milliers d’euros, subi une anesthésie générale et mangé des yaourts pendant trois jours, il se peut que vous vous regardiez dans le miroir en vous demandant : « Attends, ils sont où ? ».

Si votre entourage ne remarque absolument rien, votre ego peut prendre un petit coup. Il faut être psychologiquement prête à ce que le changement soit plus un “murmure” qu’un “cri”.

2. La tyrannie de la mode éphémère

La mode est un éternel recommencement, mais elle est cruelle. Dans les années 90, on voulait toutes ressembler à Pamela Anderson. Aujourd’hui, on veut ressembler à une brindille de l’Opéra Garnier. Mais que se passera-t-il en 2032 si la tendance “Amazonienne de 2 mètres avec buste de déesse grecque” revient en force ? Vous aurez l’air d’avoir oublié vos airbags. Retoucher une petite poitrine pour la faire grossir, c’est possible, mais c’est un éternel chantier.

3. Le manque de “va-va-voom” dans certains vêtements

Il y a des robes, souvent de vieux modèles de tapis rouge ou des robes de soirée très structurées, qui demandent un certain “remplissage”. Sans un minimum de volume, certains bustiers s’affaissent lamentablement. Vous risquez de passer votre soirée à remonter votre robe qui glisse, faute de relief pour la retenir. Les Ballerina Boobs sont sublimes en t-shirt blanc, mais parfois un peu timides en robe de gala.

4. Le coût au centimètre cube

Si on calcule le ratio prix/volume, les Ballerina Boobs sont techniquement le luxe absolu. Vous payez le même prix de bloc opératoire et d’honoraires de chirurgien que celle qui se fait poser des implants de la taille d’un pamplemousse, mais pour le volume d’un abricot. C’est l’équivalent chirurgical de la gastronomie française : on paie très cher pour une toute petite portion très raffinée dans une très grande assiette.

 

La Question de la Morphologie : Le Piège du “Thin-Only”

C’est ici que le bât blesse un peu. Les Ballerina Boobs s’appellent ainsi parce qu’elles sont censées compléter une silhouette de… ballerine. Très mince, épaules dessinées, hanches étroites.

Si vous avez une morphologie plus généreuse, des hanches larges ou ce qu’on appelle joliment des “courbes”, des prothèses trop petites peuvent créer un déséquilibre visuel. Au lieu d’avoir l’air gracieuse, vous pourriez avoir l’air d’avoir un buste étrangement court ou disproportionné par rapport au bas du corps. L’harmonie est la clé, et parfois, la mode nous pousse à oublier notre propre anatomie au profit d’un idéal de papier glacé.

Note de l’expert (imaginaire mais avisé) : Avant de signer pour le look “Petit Rat”, vérifiez que votre miroir ne vous demande pas plutôt un look “Cygne Majestueux”.

 

En Conclusion : Faut-il sauter le pas ?

Les Ballerina Boobs sont le reflet d’une époque qui cherche un retour au naturel, même si ce naturel est soigneusement manufacturé. C’est le choix de celles qui privilégient le confort, le style vestimentaire et la subtilité à l’impact visuel immédiat.

C’est une tendance qui célèbre la finesse, mais qui demande aussi une certaine assurance : celle de ne plus compter sur sa poitrine pour “faire l’entrée” dans une pièce, mais plutôt sur son allure générale.

Le verdict ?

  • Si vous en avez marre de votre soutien-gorge de sport blindé :
  • Si vous voulez porter des dos-nus sans stress : C’est pour vous.
  • Si vous espérez que tout le monde se retourne sur votre passage à la plage : Prenez la taille au-dessus.

Après tout, la meilleure taille de poitrine est celle qui vous permet de danser (comme une ballerine ou non) sans vous poser de questions.

Publié dans Divers
16 mars 2026

Ce n’est pas une mince affaire qui fait actuellement débat entre les chirurgiens esthétiques, les chirurgiens plasticiens et la sécurité sociale.

 L’état de lipoedème  doit-il être considéré comme une maladie et donc être pris en charge par la sécurité sociale en ce qui concerne son diagnostic et son traitement,  ou n’est-il qu’une forme plus sérieuse de dystrophie graisseuse profonde qui entraîne un préjudice esthétique auprès des patients,  qui depuis belle lurette espèrent dans la liposuccion pour être améliorés au niveau de la forme de leur corps, mais également au niveau des inconvénients fonctionnels de cette graisse accumulée et qui fait mal.

Enfin quelle est la limite de séparation entre le lipoedème et  le lymphoedème qui est un blocage des voies  lymphatiques des membres?

Une petit historique

En 1940  les Drs Allen et Hines à la Mayo Clinic décrivent une affection particulière au niveau des membres inférieurs, constituée de grosses jambes qui sont douloureuses mais qui ne présentent pas à l’évidence de troubles de la circulation lymphatique  Cette découverte ne  fait guère parler d’elle.

En 1978 le docteur Yves Gérard Illouz invente la liposuction qui va bouleverser la chirurgie mondiale en devenant l’opération la plus pratiquée au monde et qui consiste à dégraisser les graisses profondes situées sous la peau des membres inférieurs des membres supérieurs mais aussi au niveau du cou.

Le lipoedème est en constitutif d’une maladie, il a vocation à être pris en charge pour son diagnostic et sa réparation par la sécurité sociale par des opérations dérivées de la liposuccion..

Au contraire, la simple déformation graisseuse de la silhouette est considérée comme purement inesthétique et n’a pas vocation à être prise en charge par la sécurité sociale.

La prise en charge d’une déformation esthétique qui peut parfois s’apparenter à une pathologie peut être une tentation pour la patiente qui souhaite ne pas payer une opération purement esthétique; cela peut être aussi la tentation d’un chirurgien qui se laisse manipuler par une patiente indélicate ou agressive.

Il est donc fondamental de tracer une frontière entre ces deux affections qui pourtant ont des points communs et des différences  qui ne sont pas si simples à  délimiter.

Encore plus préoccupant et sérieux est le lymphœdème résultant d’un blocage des voies lymphatiques et qui entraîne un gonflement parfois monstrueux et asymétrique des membres inférieurs ou supérieurs, et des ganglions qui peuvent être inopérants pour drainer la lymphe des membres.

Les signes francs de lipoedème

1) un gonflement douloureux spontanément et encore plus à la pression au niveau d’un ou des deux membres surtout au niveau des membres inférieurs mais qui respecte la cheville et le pied

2) l’existence d’une ballonisation de la Graisse sous-cutanée avec parfois un aspect cellulite

3) Une évolution en aggravation rapide d’un ou des deux côtés sans forcément une symétrie absolue mais néanmoins rarement atteinte unilatérale

4) Une étude par IRM un peu spéciale qui permet au temps T2 de retrouver éventuellement des images tardives d’imprégnation lymphatique entre les masses adipeuses des membres ce qui signale au moins une inflammation locale qui peut expliquer les douleurs du lipoedème.

Les signes francs de lymphœdème

Le  lymphœdème est une pathologie bien caractérisée depuis très longtemps car il a été reconnu depuis l’Antiquité. Il consiste en un gonflement qui peut devenir majeur doublant ou triplant le diamètre d’un membre inférieur,

La cause en est un blocage lymphatique  d’origine congénitale ou infectieuse; et les traitements en sont très difficiles.

  • la cuisse, la jambe, et le pied sont gonflés, mais le repos en plaçant la jambe en l’air ne soulage que très  modérément la symptomatologie .Parfois le gonflement n’atteint que la jambe et le pied mais avec le temps il peut s’étendre à la cuisse et même au bassin.

2) il existe un signe du godet c’est-à-dire que si l’on appuie avec le doigt il persiste un creux dans les tissus, creux  qui met un peu de temps pour se résorber.

3) il existe aussi des épisodes infectieux surtout par contamination à streptocoque qui entraîne une lymphangite c’est-à-dire une infection grave du Membre qui nécessite un traitement urgent par antibiothérapie adaptée;

Le lymphœdème est une affection chronique assez désespérante et pour laquelle on ne se pose guère de problème sémantique car on voit bien qu’il s’agit d’un problème grave et sérieux de santé.

4)Les examens de type IRM ou avec injection de produits  de contraste dans les vaisseaux  lymphatiques font la preuve qu’il s’agit bien d’un blocage lymphatique et non pas d’un simple Lipoedème.

Les signes francs d’une lipodystrophie inesthétique

L’aspect de disgrâce esthétique prédomine dans le vécu de la patiente ou du patient. il s’agit d’une infiltration à différents étages du corps réalisant des syndromes de la moitié inférieure du corps du tiers moyen du corps ou du tiers supérieur du corps atteignant les bras et le torse.

1) l’infiltration graisseuse est mixte aussi bien sous la peau que plus en profondeur en forme d’amas qui créent des stéatomérie,s sorte de lipomes remplis d’une graisse molle mais qui est indolore à la pression; Cette infiltration est indolore mais est esthétiquement insupportable.

2) l’évolution est très progressive avec une participation génétique indubitable mais aussi consécutive  à un dérèglement alimentaire et liée aussi à des  intoxications épigénétiques (alcool, tabac, abus de sucres).

3) les tentatives d’amaigrissement permettent au patient de mincir mais ne changent pas de façon nette les formes disgracieuses au niveau des amas graisseux profonds.

3) les examens échographiques ou IRM ne révèlent qu’une graisse banale avec des travées qui ne sont pas fibreuses.

 

/Des formes intermédiaires existent.

Le problème vient du fait qu’une lipodystrophie très ancienne peut entraîner un blocage lymphatique et évoluer progressivement vers ce qui semble être un lipœdème..

Un autre problème est lié au fait qu’il y a des formes mixtes de lipodystrophie et de lymphœdème  qui vont nécessiter une opération un peu spécifique qu’on appelle une lympho liposuccion pour essayer d’améliorer ces cas.

Quelle doit être à la place du thérapeute ?

Deux objectifs sont dans la tête de celui qui doit soigner ces pathologies:

1) faire un diagnostic aussi éthique que possible pour ne pas faire passer de la chirurgie esthétique sur de la chirurgie réparatrice

2) être sincère et honnête avec le patient ou la patiente en ne faisant pas basculer une pathologie sur l’autre au gré de la demande mais en s’appuyant sur des signes francs y compris sur des examens de type IRM très spécialisé pour faire le diagnostic d’un blocage lymphatique ou d’une stase entre les lobules graisseux.

Il faut à toute force résister à l’effet d’aubaine que représente la possibilité d’une prise en charge par la sécurité sociale d’une liposuccion qui peut certes poser des problèmes de circulation sanguine mais n’est pas un véritable Lipoedème..

Quel est le traitement du lipoedème?

La base du traitement du lipoedème est l’utilisation de la liposuccion que certains collègues  modifient actuellement en l’associant par utilisation de canules vibrantes, ou de laser ou d’ultrasons pour faire fondre la graisse plus facilement et moins fatiguer le chirurgien.

Dans ma pratique j’utilise une infiltration préalable très importante de sérum physiologique avec de la lidocaïne adrénalinée qui  est très diluée et de l’exacyl qui est un produit qui diminue le saignement.

Il s’agit de liposuccion étendue pratiquement circulaire au niveau des membres, dont l’effet d’amélioration se produit en deux mois environ,  après  une phase post opératoire relativement peu douloureuse mais parfois avec des hématomes post-opératoires impressionnants.

Le port de collants de contention est très important pendant 3 semaines post-opératoires puis une activité physique pour mobiliser les muscles des membres inférieurs est fondamentale. C’est au 4e mois que l’on juge la qualité du résultat au niveau des membres inférieurs.

Dans environ 20 % des cas une deuxième intervention de retouche peut être nécessaire après une année d’évolution.

L’Effet d’amélioration sur les douleurs préopératoires est présent dans 80% des cas,  mais le résultat cosmétique peut-être plus aléatoire à cause de l’évolution et du programme génétique de chaque patient.

Publié dans Divers
10 février 2026
egyptien

Le dernier congrès de l’IMCAS a été le théâtre d’une confrontation révélatrice. Derrière le faste de la Porte Maillot et ses 20 000 participants, une ligne de fracture s’est dessinée entre deux mondes : celui de la médecine esthétique audacieuse et celui de la chirurgie de précision.

Le point de discorde ? Le SMAS (Système Musculo-Aponévrotique Superficiel), cette structure anatomique que j’ai décrite en 1976 et qui demeure le pivot de tout rajeunissement facial durable.

L’illusion de la régénération : Le prix caché de la fibrose

Aujourd’hui, certains médecins esthétiques s’aventurent en terrain profond. En quête de résultats immédiats, ils saturent le visage de fils crantés et d’injections dites « régénératives ». Mais la biologie ne ment pas : là où l’on promet la jeunesse, on provoque souvent une inflammation chronique.

Cette agression délibérée des tissus génère une fibrose cicatricielle. Le collagène physiologique est remplacé par un tissu dense, anarchique, peuplé de myofibroblastes et parfois de réactions à corps étranger. Pour le patient, c’est une promesse de tension ; pour le chirurgien qui doit intervenir plus tard, c’est un champ de mines.

Le cri d’alarme des chirurgiens

Lors de cette session mémorable, de nombreux confrères ont dénoncé les risques opératoires accrus. Passer derrière une médecine esthétique agressive, c’est s’exposer à :

  • Une dissection périlleuse dans des tissus indurés.
  • Des plans anatomiques effacés par la fibrose.
  • Des complications post-opératoires imprévisibles.

Si les fils tenseurs, dont l’inventeur géorgien Sulamanidze reste le plus fervent défenseur, trouvent grâce aux yeux de certains, je reste formel : leur bilan est négatif. Ni économiquement rationnels, ni esthétiquement pérennes, ils ne sont qu’un artifice temporaire au prix d’une altération de la qualité tissulaire à long terme.

L’excellence chirurgicale : La seule réponse durable

Face à l’éphémère des fils, la chirurgie propose une rigueur scientifique et des résultats naturels. Mon approche privilégie la personnalisation plutôt que le remplissage systématique :

  1. Le Lifting Biplan (Grands Décollements) : L’arme absolue pour les vieillissements marqués, traitant l’excédent cutané et la structure profonde avec une harmonie que seule la main du chirurgien peut sculpter.
  2. Le Micro SMAS Lift : Une technique de précision pour les premiers signes de l’âge (bajoues naissantes, cou fripé). Elle offre une récupération rapide et une sécurité professionnelle totale.

Là où la médecine esthétique colmate, la chirurgie restaure. Il est temps de redonner à l’anatomie ses lettres de noblesse et de ne plus sacrifier l’avenir d’un visage pour un résultat immédiat mais délétère.

Mots-clefs

Chirurgie esthétique, SMAS, Lifting biplan, Micro SMAS lift, Fils tenseurs, Fibrose cicatricielle, IMCAS, Rajeunissement facial, Sulamanidze, Éthique médicale.

Références Bibliographiques Indicatives

  1. Mitz, V., & Peyronie, M. (1976). The superficial musculo-aponeurotic system (SMAS) in the parotid and cheek area. Plastic and Reconstructive Surgery, 58(1), 80-88. (L’article fondateur).
  2. Sulamanidze, M. A., et al. (2002). Removal of facial soft tissue ptosis with special threads. Dermatologic Surgery.
  3. Mendelson, B., & Wong, C. H. (2013). Changes in the facial skeleton with aging: Implications and clinical applications in facial rejuvenation. Aesthetic Plastic Surgery.
  4. Guyuron, B. (2007). The adverse effects of non-absorbable fillers and threads on subsequent rhytidectomy. Plastic and Reconstructive Surgery.
26 janvier 2026
JQ Owsley

Je voudrais dans cet article rendre un vibrant hommage au docteur John Quincy Owsley (1928-2014) qui a été le premier chirurgien au monde à avoir fait confiance aux travaux concernant le système musculo-aponévrotique superficiel de la face (SMAS) que j’avais décrit en 1976 avec Martine Peyronie Jannie, dans le plastic et reconstructible surgery journal américain.

C’était un travail d’une équipe française sous la houlette du Professeur Paul Tessier inventeur de la chirurgie cranio-faciale, et qui oeuvrait à l’hôpital Foch de Suresnes à Paris

À la fin de mon internat en France dans les services parisiens de chirurgie plastique, je me suis rendu aux États-Unis en 1975 pour parfaire ma formation en chirurgie esthétique/..

Après mon passage à New York dans le service du professeur John marquis Converse, puis chez Ralph Millard, chirurgien exceptionnel qui a totalement réinventé la chirurgie des fentes labio palatines, Au cours de mon séjour chez le professeur MILLARD à Miami, mes explications sur le SMAS m’ont intéressé personne; or j’étais très fier à cette époque des travaux anatomiques que notre équipe française avait accompli je sentais bien que cela allait révolutionner la chirurgie du rajeunissement du visage et ce pour longtemps.

Je suis donc très déçu du manque d’attention des chirurgiens américains de la côte Est.

Je suis alors parti lé me former en microchirurgie en Californie auprès du professeur Harry Buncke.

Ce fameux chirurgien opérait dans le Ralph K. Davies médical Center de San Francisco.

J’ai croisé par hasard, dans un couloir, le docteur John Quincy Owsley, avec qui j’ai eu une très longue conversation, lui expliquant mes travaux. il m’écouta avec beaucoup d’attention en hochant la tête.

La publication qui sortit dans le plastic and reconstructive Journal l’année suivante en 1976 le convainc apparemment de l’intérêt de mes travaux.

Je lui rends grâce d’avoir été le premier à avoir essayé cette nouvelle technique de rajeunissement du visage, qu’il maîtrise parfaitement.

l fut le premier à publier de nombreux articles, même un livre entier sur l’intérêt de l’exploitation chirurgicale du SMAS.

Je trouve qu’actuellement il est très peu cité dans les revues internationales quand il s’agit de discuter des points de détails techniques et de l’évolution des patients qui ont subi ce type d’intervention.

Cet article est destiné à le remettre en selle au niveau international pour insister sur le fait qu’il a été le premier au monde à croire en cette nouvelle technique et à la propager malgré les réticences au de tous ses collègues américains et mondiaux.

Le docteur John Quincy Uwsleyest né en 1927, dans une famille de médecin militaires, il fit ses études à Nashville dans le Tennessee. Il trouva une place de chirurgien en Californie  ,où il devint chef de service de chirurgie plastique en 1980 à l’hôpital Ralph k Davis médical Center.

Il a publié de nombreux travaux (90 publications) en chirurgie plastique réparatrice et esthétique aussi bien dans le domaine des fentes labio palatines que dans la chirurgie esthétique du visage et du corps.

Il fut aussi le président du comité d’éthique des chirurgiens plasticiens aux États-Unis

1977 OWSLEY, J. Q. (1977). Platysma-fascial rhytidectomy: A preliminary report. Plastic & Reconstructive Surgery, 60(6), 843-850.1977PLATYSMA-FASCIAL RHYTIDECTOMY (journal article)

Owsley, John Q.

Plastic and Reconstructive Surgery, volume 60, issue 6, pages 843‌-‌850 (1977).

1995 Multiple vector face-lift: SMAS-platysma rotation flap plus midface malar fat pad suspension (journal article)

Owsley, John Q. | Weibel, Timothy J.

Operative Techniques in Plastic and Reconstructive Surgery, volume 2, issue 2, pages 99‌-‌107 (1995).

20021 The SMAS-Platysma Facelift: Advantages of a Multivector Technique (journal article)

Owsley, John Q. | Fiala, Thomas G.

Seminars in Plastic Surgery, volume 16, issue 4, pages 391‌-‌404 (2002).

3 janvier 2026
Lifting évolution

Le lifting du visage est l’une des interventions les plus emblématiques de la chirurgie esthétique. En un peu plus d’un siècle, il a subi une métamorphose radicale : d’une simple excision de peau pratiquée dans l’ombre, il est devenu une procédure d’ingénierie complexe, capable de restaurer l’architecture profonde du visage. Cette évolution est le fruit d’une compréhension toujours plus fine de l’anatomie et d’une quête constante du naturel.

1. L’Ère de la « Couture » : La Primauté de l’Enveloppe (1900-1970

Au début du XXe siècle, la chirurgie esthétique n’est pas encore une spécialité reconnue. Les premières interventions naissent d’une demande sociale pressante de la part de patients refusant les stigmates du vieillissement, alors perçus comme une fatalité ou une déchéance sociale.

Les pionniers du geste minimal

  • Eugen Holländer (1901) : On lui attribue souvent le premier lifting moderne. Pour une aristocrate polonaise, il retire une ellipse de peau devant et derrière l’oreille. À cette époque, le visage est traité comme un vêtement : si le tissu est trop large, on en coupe un morceau pour le retendre.
  • Raymond Passot (1919) : Après la Grande Guerre, il formalise les techniques d’incisions. Il comprend que la clé du succès réside dans la discrétion des cicatrices, qu’il dissimule dans les replis naturels de l’oreille.
  • Suzanne Noël (1926) : Figure révolutionnaire et féministe, elle est la première femme chirurgien esthétique d’envergure. Dans son ouvrage « La Chirurgie Esthétique : son rôle social », elle décrit des procédures de « micro-lifts » sous anesthésie locale. Elle perçoit le lifting comme un outil d’émancipation pour les femmes actives.

La limite didactique : Imaginez un lit dont les draps sont froissés parce que le matelas s’est affaissé. Ces pionniers ne faisaient que tirer sur les draps. L’effet était immédiat mais éphémère : la peau, étant élastique, se détendait rapidement. En tirant trop, on obtenait l’aspect « figé » ou « venté » (windswept look), car la tension reposait uniquement sur la cicatrice.

2. La Révolution du SMAS : Le Tournant Anatomique (1970-1990)

La véritable révolution scientifique survient lorsque les chirurgiens cessent de regarder la peau pour s’intéresser à l’infrastructure qu’elle recouvre.
La découverte du “Moteur” du Visage
Jusqu’aux années 1970, on ignorait l’existence d’une structure unificatrice sous la graisse.
• Tord Skoog (1974) : Ce chirurgien suédois comprend que pour obtenir un résultat durable, il faut ancrer la tension sur une structure solide. Il commence à disséquer sous les fascias (les membranes enveloppant les muscles).
• Vladimir Mitz et Martine Peyronie (1976) : Leurs travaux sont l’acte de naissance du SMAS (Système Musculo-Aponévrotique Superficiel). Ils démontrent que le visage possède une « armure » fibreuse reliant les muscles de l’expression.
Pourquoi est-ce une révolution ? Le SMAS est comme une toile de tente sous la peau. Si vous tendez la toile (le SMAS), la couverture (la peau) se lisse naturellement sans effort.
1. Durabilité : Le SMAS ne s’étire pas avec le temps, contrairement à la peau.
2. Invisibilité : La tension étant portée en profondeur, la peau peut être simplement “posée” sans traction, éliminant l’aspect opéré.

3. Le Micro-Lift de Vladimir Mitz : La Précision Chirurgicale

Fort de sa découverte du SMAS, le Pr. Vladimir Mitz a par la suite développé le concept du Micro-lift ou MICRO SMAS LIFT ; Cette technique occupe une place stratégique entre la médecine esthétique (injections) et le grand lifting traditionnel.
Le concept de “Haute Couture”
Le micro-lift ou Micro SMAS lift n’est pas un lifting “au rabais”, mais un geste de précision chirurgicale ciblé :
• Incision réduite : Souvent cachée dans le tragus (le cartilage devant l’oreille), elle devient quasiment invisible.
• Action sur le SMAS localisé : Le chirurgien pratique une remise en tension du SMAS uniquement sur les zones critiques (ovale du visage et bajoues).
• Avantages : Pratiqué sous anesthésie locale assistée, il permet une récupération en quelques jours. C’est le lifting de la “prévention”, idéal pour corriger les premiers signes de l’âge sans changer l’expression du visage.

4. L’Ingénierie du “Deep Plane” et des Ligaments (1990-Aujourd’hui)

Malgré la révolution du SMAS, un problème persistait : le centre du visage (pommettes et sillons nasogéniens) restait difficile à corriger. C’est ici qu’intervient la chirurgie dite « profonde ».
La Libération des Ligaments
Le visage n’est pas seulement composé de couches de tissus ; il est ancré à l’os par des ligaments de rétention. Avec l’âge, ces “piliers” s’affaissent mais restent attachés à certains endroits, créant des creux et des bosses.
• Paul Tessier : Père de la chirurgie craniofaciale, il a ouvert la voie en proposant des approches sous-périostées (au contact de l’os) pour repositionner les tissus mous.
• Andrew Jacono et Timothy Marten : Ils ont perfectionné le Deep Plane Facelift. L’idée n’est plus de séparer la peau du SMAS, mais de déplacer le bloc « Peau + Graisse + SMAS » comme une seule unité solide.
• L’innovation majeure : En sectionnant les ligaments zygomatiques et mandibulaires (les amarres), le chirurgien libère totalement les tissus. On peut alors remonter le visage verticalement — et non vers l’arrière — ce qui redonne du volume aux pommettes sans avoir recours à des prothèses ou des injections massives.

5. Synthèse des Techniques : Tableau Comparatif

Technique Plan de Travail Indication Principale Résultat Attendu
Lifting Cutané Peau uniquement Excès cutané pur Tension de surface, courte durée
Micro-Lift (Mitz) SMAS localisé Premiers signes (bajoues) Effet “bonne mine”, naturel, récupération rapide
Lifting du SMAS Entre peau et SMAS Relâchement modéré de l’ovale Correction nette de la mâchoire
Deep Plane Lift Sous le SMAS Vieillissement global (milieu du visage) Restructuration des volumes, effet “10 ans de moins”

6. Conclusion : Vers une Chirurgie de l’Invisibilité

L’histoire du lifting est celle d’un passage de la tension (tirer) au repositionnement (remettre à sa place). Aujourd’hui, l’innovation ne réside plus dans l’agressivité du geste, mais dans sa justesse anatomique.

Le lifting moderne est souvent “composite” : il associe la chirurgie profonde (Deep Plane), la précision du geste (Microlift de Mitz) et la régénération tissulaire. En effet, l’utilisation conjointe du lipofilling (injection de la propre graisse du patient, riche en cellules souches) permet désormais de traiter non seulement le relâchement, mais aussi la qualité de la peau et la perte de volume.

En somme, le chirurgien d’aujourd’hui ne cherche plus à “tendre” un visage, mais à en restaurer l’harmonie originelle. Le succès d’un lifting se mesure désormais à ce que l’entourage ne puisse pas détecter la main du chirurgien, mais seulement constater un air reposé et rajeuni.

Publié dans lifting visage, News
9 décembre 2025
chirurgie

Introduction
Commenter la transformation physique des stars : est-ce bien raisonnable ? Depuis quelques années, on assiste à une tendance lourde chez les journalistes people, les influenceurs, mais aussi chez la jeune génération de chirurgiens esthétiques : l’analyse systématique des visages célèbres. Que ce soit par initiative personnelle ou à la demande de médias en quête de résonance médiatique, ce phénomène explose.

J’avoue avoir moi-même cédé à cette tentation, bien que l’exercice soit périlleux : juger des transformations sur la base de photographies souvent floues oblige à des supputations parfois aléatoires. Mais au-delà du “gossip”, que nous dit réellement la chirurgie des stars sur l’évolution de notre métier ?

1. Marilyn Monroe et Kirk Douglas : Les Pionniers du “Secret Médical”

La chirurgie esthétique chez les vedettes n’est pas un phénomène nouveau. La différence ? La discrétion. Il y a longtemps que les icônes de l’écran passent sous le bistouri. Leurs chirurgiens, tenus au secret professionnel, ont parfois fini par raconter l’histoire des décennies plus tard.

  • Marilyn Monroe : On sait aujourd’hui qu’elle a subi une rhinoplastie de la pointe et une avancée du menton (génioplastie) par inclusion d’un matériau (aujourd’hui interdit). Ces retouches subtiles l’ont rendue beaucoup plus photogénique, propulsant une carrière légendaire, même si sa vie privée n’a pas connu le même succès.
  • Kirk Douglas : Dans ses mémoires, il raconte avoir subi une rhinoplastie suite à une fracture. En réalité, il s’agissait d’une véritable chirurgie esthétique pour corriger un nez jugé inesthétique qui aurait pu freiner son ascension.

À l’époque, ces transformations réalisées par des chirurgiens américains étaient d’une excellence discrète. Nous ignorons encore probablement les noms de nombreux artistes ayant eu recours au bistouri pour booster leur carrière.

2. L’Artiste : Un Patient pas comme les autres

La chirurgie esthétique est-elle plus complexe chez les artistes ? La réponse est assurément oui. L’artiste mise tout sur son image. De plus, il s’agit souvent d’individus extrêmement intelligents, capables d’une introspection et d’une analyse critique dont la subtilité peut échapper à l’observateur lambda.

Leur exigence de résultat est extrême, parfois couplée à une insuffisance de moyens financiers au début de leur carrière. C’est ici que les outils modernes jouent un rôle clé :

  • Simulation informatique et Morphing : L’infographie permet de fixer un objectif visuel précis.
  • Gestion des attentes : Il faut rappeler qu’il ne s’agit que d’un projet virtuel. L’issue chirurgicale reste soumise aux aléas de la cicatrisation et peut justifier des retouches.

Note : La détermination de certains artistes à modifier leurs traits dépasse parfois le cadre esthétique pour toucher à la dysmorphophobie. Dans ces cas, la réponse ne devrait pas être chirurgicale, mais psychothérapeutique.

3. L’Exception : Quand le “Défaut” devient une Marque de Fabrique

Heureusement, la chirurgie n’est pas une obligation. Certains artistes ont fait de leur apparence “disgracieuse” une force, privilégiant leur talent d’interprète. L’exemple emblématique reste Serge Gainsbourg. Il se moquait lui-même de son nez proéminent et de ses oreilles décollées. Pourtant, son talent exceptionnel l’a hissé au sommet de la gloire, prouvant que le charisme dépasse la perfection plastique.

4. Réseaux Sociaux et “Ratés” : La Nouvelle Obsession

Aujourd’hui, l’explosion des réseaux sociaux a créé une armée de “spécialistes” autoproclamés. Une simple veille Google sur la chirurgie esthétique fait remonter une majorité de contenus liés aux stars et aux influenceurs.

Hélas, ce qui attire le clic, ce sont souvent les drames :

  • Les complications : Des opérations qui tournent mal, allant jusqu’au décès, défrayent la chronique.
  • La polémique Miss France : Le comité interdit aux candidates la chirurgie esthétique majeure. Pourtant, si une opération est parfaitement réalisée, elle reste indétectable sans aveu de la candidate ou violation du secret médical (ce qui est totalement contraire à la déontologie).
  • Les “Ratés” célèbres : Le public et les médias sont impitoyables envers les modifications trop visibles. On pense aux commentaires sur les lèvres d’Emmanuelle Béart ou au lifting de la chanteuse Sheila dans les années 90, qui a longtemps servi de “contre-exemple” dans nos cabinets (les patientes nous disaient : “Je ne veux surtout pas ressembler à ça”).

5. Rhinoplastie et BBL : Les Opérations les plus “Star”

Quelles sont les interventions les plus populaires chez les célébrités ? Elles ciblent le visage et la silhouette.

  1. La Rhinoplastie : Pour affiner une pointe ou corriger un nez trop long. C’est le grand classique.
  2. L’Augmentation Mammaire : Par prothèses ou lipofilling.
  3. Le Brazilian Butt Lift (BBL) : Cette augmentation fessière (par prothèse ou injection de graisse) est très en vogue chez les influenceuses, mais aussi très commentée pour sa dangerosité.
    • Le risque majeur : Si des lobules de graisse sont injectés malencontreusement dans les veines, cela entraîne une embolie graisseuse, une complication gravissime pouvant être mortelle.

La soumission des influenceurs au bistouri crée une curiosité malsaine chez leurs milliers de followers, qui suivent la cicatrisation comme une série télévisée.

Conclusion : Déontologie vs Buzz

Ces commentaires ne cesseront pas. Ils répondent au besoin du public de se comparer à ces icônes inatteignables. Il reste donc aux médecins et chirurgiens une responsabilité majeure. Lorsqu’ils sont sollicités par des journalistes pour commenter des “Avant/Après” afin de booster les ventes, ils doivent observer politesse et retenue. Le comportement déontologique, fixé par le Conseil de l’Ordre, est clair : ne jamais trahir les secrets médicaux des patients, qu’ils soient célèbres ou anonymes.