Le lifting du visage est l’une des interventions les plus emblématiques de la chirurgie esthétique. En un peu plus d’un siècle, il a subi une métamorphose radicale : d’une simple excision de peau pratiquée dans l’ombre, il est devenu une procédure d’ingénierie complexe, capable de restaurer l’architecture profonde du visage. Cette évolution est le fruit d’une compréhension toujours plus fine de l’anatomie et d’une quête constante du naturel.
1. L’Ère de la « Couture » : La Primauté de l’Enveloppe (1900-1970
Au début du XXe siècle, la chirurgie esthétique n’est pas encore une spécialité reconnue. Les premières interventions naissent d’une demande sociale pressante de la part de patients refusant les stigmates du vieillissement, alors perçus comme une fatalité ou une déchéance sociale.
Les pionniers du geste minimal
- Eugen Holländer (1901) : On lui attribue souvent le premier lifting moderne. Pour une aristocrate polonaise, il retire une ellipse de peau devant et derrière l’oreille. À cette époque, le visage est traité comme un vêtement : si le tissu est trop large, on en coupe un morceau pour le retendre.
- Raymond Passot (1919) : Après la Grande Guerre, il formalise les techniques d’incisions. Il comprend que la clé du succès réside dans la discrétion des cicatrices, qu’il dissimule dans les replis naturels de l’oreille.
- Suzanne Noël (1926) : Figure révolutionnaire et féministe, elle est la première femme chirurgien esthétique d’envergure. Dans son ouvrage « La Chirurgie Esthétique : son rôle social », elle décrit des procédures de « micro-lifts » sous anesthésie locale. Elle perçoit le lifting comme un outil d’émancipation pour les femmes actives.
La limite didactique : Imaginez un lit dont les draps sont froissés parce que le matelas s’est affaissé. Ces pionniers ne faisaient que tirer sur les draps. L’effet était immédiat mais éphémère : la peau, étant élastique, se détendait rapidement. En tirant trop, on obtenait l’aspect « figé » ou « venté » (windswept look), car la tension reposait uniquement sur la cicatrice.
2. La Révolution du SMAS : Le Tournant Anatomique (1970-1990)
La véritable révolution scientifique survient lorsque les chirurgiens cessent de regarder la peau pour s’intéresser à l’infrastructure qu’elle recouvre.
La découverte du “Moteur” du Visage
Jusqu’aux années 1970, on ignorait l’existence d’une structure unificatrice sous la graisse.
• Tord Skoog (1974) : Ce chirurgien suédois comprend que pour obtenir un résultat durable, il faut ancrer la tension sur une structure solide. Il commence à disséquer sous les fascias (les membranes enveloppant les muscles).
• Vladimir Mitz et Martine Peyronie (1976) : Leurs travaux sont l’acte de naissance du SMAS (Système Musculo-Aponévrotique Superficiel). Ils démontrent que le visage possède une « armure » fibreuse reliant les muscles de l’expression.
Pourquoi est-ce une révolution ? Le SMAS est comme une toile de tente sous la peau. Si vous tendez la toile (le SMAS), la couverture (la peau) se lisse naturellement sans effort.
1. Durabilité : Le SMAS ne s’étire pas avec le temps, contrairement à la peau.
2. Invisibilité : La tension étant portée en profondeur, la peau peut être simplement “posée” sans traction, éliminant l’aspect opéré.
3. Le Micro-Lift de Vladimir Mitz : La Précision Chirurgicale
Fort de sa découverte du SMAS, le Pr. Vladimir Mitz a par la suite développé le concept du Micro-lift ou MICRO SMAS LIFT ; Cette technique occupe une place stratégique entre la médecine esthétique (injections) et le grand lifting traditionnel.
Le concept de “Haute Couture”
Le micro-lift ou Micro SMAS lift n’est pas un lifting “au rabais”, mais un geste de précision chirurgicale ciblé :
• Incision réduite : Souvent cachée dans le tragus (le cartilage devant l’oreille), elle devient quasiment invisible.
• Action sur le SMAS localisé : Le chirurgien pratique une remise en tension du SMAS uniquement sur les zones critiques (ovale du visage et bajoues).
• Avantages : Pratiqué sous anesthésie locale assistée, il permet une récupération en quelques jours. C’est le lifting de la “prévention”, idéal pour corriger les premiers signes de l’âge sans changer l’expression du visage.
4. L’Ingénierie du “Deep Plane” et des Ligaments (1990-Aujourd’hui)
Malgré la révolution du SMAS, un problème persistait : le centre du visage (pommettes et sillons nasogéniens) restait difficile à corriger. C’est ici qu’intervient la chirurgie dite « profonde ».
La Libération des Ligaments
Le visage n’est pas seulement composé de couches de tissus ; il est ancré à l’os par des ligaments de rétention. Avec l’âge, ces “piliers” s’affaissent mais restent attachés à certains endroits, créant des creux et des bosses.
• Paul Tessier : Père de la chirurgie craniofaciale, il a ouvert la voie en proposant des approches sous-périostées (au contact de l’os) pour repositionner les tissus mous.
• Andrew Jacono et Timothy Marten : Ils ont perfectionné le Deep Plane Facelift. L’idée n’est plus de séparer la peau du SMAS, mais de déplacer le bloc « Peau + Graisse + SMAS » comme une seule unité solide.
• L’innovation majeure : En sectionnant les ligaments zygomatiques et mandibulaires (les amarres), le chirurgien libère totalement les tissus. On peut alors remonter le visage verticalement — et non vers l’arrière — ce qui redonne du volume aux pommettes sans avoir recours à des prothèses ou des injections massives.
5. Synthèse des Techniques : Tableau Comparatif
| Technique | Plan de Travail | Indication Principale | Résultat Attendu |
| Lifting Cutané | Peau uniquement | Excès cutané pur | Tension de surface, courte durée |
| Micro-Lift (Mitz) | SMAS localisé | Premiers signes (bajoues) | Effet “bonne mine”, naturel, récupération rapide |
| Lifting du SMAS | Entre peau et SMAS | Relâchement modéré de l’ovale | Correction nette de la mâchoire |
| Deep Plane Lift | Sous le SMAS | Vieillissement global (milieu du visage) | Restructuration des volumes, effet “10 ans de moins” |
6. Conclusion : Vers une Chirurgie de l’Invisibilité
L’histoire du lifting est celle d’un passage de la tension (tirer) au repositionnement (remettre à sa place). Aujourd’hui, l’innovation ne réside plus dans l’agressivité du geste, mais dans sa justesse anatomique.
Le lifting moderne est souvent “composite” : il associe la chirurgie profonde (Deep Plane), la précision du geste (Microlift de Mitz) et la régénération tissulaire. En effet, l’utilisation conjointe du lipofilling (injection de la propre graisse du patient, riche en cellules souches) permet désormais de traiter non seulement le relâchement, mais aussi la qualité de la peau et la perte de volume.
En somme, le chirurgien d’aujourd’hui ne cherche plus à “tendre” un visage, mais à en restaurer l’harmonie originelle. Le succès d’un lifting se mesure désormais à ce que l’entourage ne puisse pas détecter la main du chirurgien, mais seulement constater un air reposé et rajeuni.
– 50 ans après leur description, les liftings profonds ont la cote!
La presse ne tarit plus d’éloges en ce qui concerne les deep plane face lifts qui sont des liftings du visage et du cou apparemment de nouvelle génération. En réalité cette technique d’opération de rajeunissement, qui s’avère extrêmement efficace repose sur l’utilisation d’une structure anatomique qui s’appelle le Système Musculo-Aponévrotique Superficiel de la face, ou SMAS, qui a été décrit en 1976 par les chirurgiens français , le docteurs Vladimir Mitz et Martine Peyronie, travaillant à l époque dans l’équipe du Professeur Paul Tessier, lui même inventeur de la chirurgie cranio faciale.
Dès les années 1990 les opérations de rajeunissement du visage utilisant le SMAS ont été publiées par Mitz et Owsley, un chirurgien américain novateur; mais à l’époque elles faisaient plutôt peur aux chirurgiens plasticiens, ou du moins elles attiraient beaucoup de réticences, car la plupart des chirurgiens de l’époque préféraient ne retendre que la peau.
Ces nouveaux liftings étaient beaucoup plus complexes à réaliser; ils impliquent l’utilisation d’un plan anatomique qui était très voisin des nerfs permettant la mobilité volontaire du visage ,que sont les branches du nerf facial. Le danger inhérent à cette opération a divisé le monde des chirurgiens du rajeunissement entre ceux ce qui faisait la libération et le relèvement du SMAS et ceux qui au contraire préféraient réaliser une remise en tension uniquement de la peau , utilisant parfois des gestes minimaux de plicatures sur le SMAS jugé comme une membrane délicate à manipuler chirurgicalement.
Mais une nouvelle génération de chirurgiens est apparue, plus audacieux sans être téméraires; d’ailleurs ils ont profité des idées d’un autre chirurgien esthétique célèbre récemment disparu , le docteur Sam Hamra qui proposait un lifting plus profond sous le SMAS avec une approche bien décrite.
En tout cas personnellement je suis très heureux que mes idées qui ont pris forme à la fin du siècle dernier trouvent seulement maintenant leur application avec des résultats confondants de naturel et de qualité des résultats.
J’utilise donc bien sûr cette technique depuis toutes ces années et je l’ai décrite dans beaucoup de conférences et de congrès. J’utilise aussi une autre technique encore plus révolutionnaire, qui s’appelle le micro Smas lift, plus légère avec des suites opératoires minimalisées, mais implique aussi un travail sur le SMAS, qui permet d’opérer des patients encore jeunes présentant des déformations modérées de vieillissement; pour ces patients très demandeurs d’un geste efficace , léger mais pérenne de rajeunissement, on effectue ainsi un geste astucieux et simple de remise en tension de la peau et du SMAS du visage, ce qui permet de donner des résultats excellents qui ne nuisent pas au naturel de l’apparence.
En conclusion ces nouveaux liftings et notamment le “micro lift ” ont un bel avenir devant eux!
Le micro smas lift est une opération très intéressante qui a été décrite en 2014 par le docteur Vladimir Mitz, après qu’il ait découvert le SMAS( système musculo, aponévrotique, superficiel de la face), en 1976, dans un article publié dans plastic et reconstructive surgery journal.
Cette opération est un lifting composite du visage ou le chirurgien, soulève la peau et smas ensemble, qui ne sont pas détachés l’un de l’autre, avec des vecteurs composites: l’un l’vertical devant l’oreille et l’autre qui est un vecteur à 45° derrière l’oreille tendu vers la mastoïde, qui retend remarquablement le cou, car on agit sur la partie arrière du muscle peaucier du cou.
Cette opération combine les avantages des mini lift à petites cicatrices et une remise en tension l’ensemble du visage, car l’action sur le smas permet de repositionner les loges graisseuses profondes, notamment la loge graisseuse Sous malaire ce qui évite de transformer le visage par des greffes adipeuses à cet endroit.
Cette intervention peut être combinée facilement avec une opération de rajeunissement des paupières également avec un lipofilling mis en place au niveau du tour de la bouche, des lèvres, des sillons et des ridules qui forment le barre codes de la lèvre supérieure.
On a ainsi la possibilité de faire un rajeunissement global de la face y compris au niveau des volumes qui ont été perdus chez certains patients à cause de l’atrophie qui se produit du fait du vieillissement du visage.
En conclusion, une opération complexe, mais avec des suites simples, et qui peut se pratiquer sous anesthésie locale avec des suites, beaucoup moins impressionnantes que celles que l’on rencontrait .autrefois, au cours des liftings avec grand décollement cutané.
Qui ne voudrait tenter de rajeunir si l’occasion lui en était donnée par le moyen d’une opération de chirurgie esthétique bien faite?
Dans ce livre très dense le docteur Vladimir Mitz expose l’historique et les possibilités qui sont offertes de rajeunir par le biais de la chirurgie, en pratiquant un lifting cervico facial de nouvelle génération , grâce à l’utilisation du Système Musculo Aponévrotique Superficiel de de la face ou SMAS.
Le docteur Mitz a décrit cette structure en 1976 avec le docteur Martine Peyronie alors qu’ils étaient chirurgiens assistants à Paris du professeur Paul Tessier, l’inventeur de la chirurgie craniofaciale.
Ces nouveaux liftings, très pratiqués actuellement avec une immense satisfaction chez les patients, ont permis de faire des opérations extrêmement efficaces; ils retendent 2 couches tissulaires, c’est-à-dire la peau et le SMAS sous-jacent incluant des muscles de la mimique.
Ce type d’opération permet des résultats très naturel si on respecte les vecteurs, vertical au devant du visage et horizontal derrière l’oreille, pour redraper convenablement la peau et le SMAS sous-jacent.
Un historique des opérations de rajeunissement du visage rend le livre attrayant.
Enfin le contexte psycho social et les implications socio-économiques éthiques ne sont pas oubliées dans l’ouvrage joliment illustré.
Vous pouvez lire et visionner un autre article sur mon (mes) livre(s) : Livres du dr Mitz Vladimir, parus en 2024, éditeur l’Harmattan
Le docteur Vladimir Mitz a publié 2 livres aux éditions l’harmattan à Paris:
Le premier s’appelle chirurgie esthétique et photographie qui explore l’histoire de la photographie en passant par les progrès de la photographie en 3 dimensions, à la vidéo aux techniques du morphing. Il explique l’intérêt de la retouche photographique en matière de chirurgie esthétique mais aussi le caractère esthétique de la photographie et la nécessité de mieux comprendre ce qu’est la photogénie, travail qui a été aussi effectué dans un livre précédent par Raquel Fonseca photographe qui a aussi publié chez l’harmattan.
Le deuxième livre explore les rapports entre les mythes anciens et contemporains et la chirurgie esthétique, pour essayer de mettre en avant ce qui ce qui peut constituer le caractère fondateur et l’importance des normes, mais aussi de les dépasser pour atteindre un idéal de singularité; certains mythes sont célèbres (Narcisse, Faust,etc.) d’autres moins connus (Hébé, Marsyas, etc.); à chaque fois il s’agit de célébrer l’antique, mais aussi de réfléchir sur la condition humaine; l’intérêt de la chirurgie esthétique est d’apporter à chaque individu une solution réparatrice des complexes et anomalies qu’il souhaite rectifier, sans perdre de vue qu’il s’agit d’opérer par une main d’homme et non pas de quelque intervention divine et magique.
rhinoplastie d’un nez pointe ronde 20 ans après
Photos d’un nez affiné par rhinoplastie, 20 ans après
Opérateur Vladimir Mitz
Il est interessant d’observer les résultats à très long terme d’une opération de rhinoplastie de la pointe visant à affinner le bout du nez.
Comment obtenir de la finesse au niveau d’un nez ?
rhinoplastie d’un nez pointe ronde 20 ans après: Comme le montre les deux photos ci-jointes, j’ai obtenu de la finesse au niveau d’un nez large et épais en associant plusieurs techniques chirurgicales ;
Cette opération a été réalisée il y a plus de 20 ans ;
A l’époque on ne disposait pas des injections d’acide hyaluronique stable pour réaliser une rhinoplastie médicale, dans l’effet aurait d’ailleurs été temporaire ;
Les photos sont d’abord celle du cas, à l’origine, puis une photo envoyée par le patient 20 ans après l’opération ;
La technique opératoire a consisté en plusieurs temps :
1) Rapprocher les os propres du nez par des ostéotomies latérales, à l’aide d’un petit burin et d’un marteau
2) Diminuer la rondeur de la pointe nasale en enlevant la partie haute des cartilages alaires
3) Rapprocher les dômes de ces cartilages alaires
4) Réutiliser les cartilages alaires enlevés pour créer une nouvelle arrête cartilagineuse médiane, sous la forme d’une crête attrapant mieux la lumière
5) Mettre en place un étai columellaire qui a été taillé au dépend de la cloison nasale, afin de soulever la pointe nasale ;
Tous ces gestes techniques ont été réalisés par voie fermée sans aucune cicatrice résiduelle visible !
Le résultat après 20 ans est très satisfaisant, et le patient me demande plus aucune retouche ;



