Étiquette : prothèses mammaires

avril 4, 2018

Le choix de la taille des prothèses mammaires pour une opération d’ augmentation mammaire

par le docteur Vladimir Mitz , chirurgien esthétique à Paris

avant augmentation mammaire

aplasie mammaire avant implants

augmentation mammaire par implants de 300cc retromusculaires

après implantation implants mammaires 300cc

 

“Docteur j’ai peur que vous me mettiez trop gros seins!”

une phrase que l’on entend fréquemment lorsque l’on décide de mettre en place des prothèses mammaires pour une augmentation mammaire;

Cette crainte est en partie justifiée,  Car la tendance actuelle est une demande de seisn voluptueux :j’ai des patientes qui sont même très minces et qui demandent une taille D!

c’est pourquoi il me paraît important de faire essayer les implants mammaires avant de pratiquer l’opération.

 

 Comment pratiquer un essai de prothèses mammaires?

  1. La première solution, la plus moderne en apparence, consiste à faire un morphing avec un logiciel de simulation 3D de chirurgie; mais cette idée qui paraît séduisante n’est pas si efficace que cela, même si on utilise un logiciel 3D; En effet la perception vue de l’extérieur ne permet absolument pas ni de toucher ni d’avoir une réelle sensation d’augmentation mammaire ressentie!
  2. c’est pourquoi je préfère ,de loin, faire essayer en consultation,  directement dans le soutien gorge, des prothèses mammaires, de taille variable, dans une salle dédiée de mon cabinet;  l’essai se pratique devant un grand miroir; il est très important que la patiente mette les implants en place dans son soutien-gorge, en calant les prothèses au-dessous de l’aréole et du mamelon; on peut ainsi déterminer si la largeur de la prothèse sera bien camouflée par le sein au devant de l’implant; on vérifie également quel est le bombé  qui résulte de l’implantation mammaire, en examinant le pôle supérieur des seins remontés dans le soutien gorge.
  3. une troisième solution est de pratiquer les essais pendant que la patiente est endormie, avec des prothèses que l’on appelle des prothèses fantômes;  mais cette solution ne permet pas à la patiente de participer au choix des prothèses.

 

en procédant à des essais préalables, il est  donc possible de déterminer la taille idéale pour que la patiente ne soit pas déçue en post-opératoire;

Avant la date fatidique de l’opération, il est très important de commander au préalable (au laboratoire qui fournira des prothèses) la taille que la patiente a demandé mais également une taille au-dessus et une taille en dessous, de façon à éviter toute surprise au moment de l’intervention;

Un dernier problème: quel est le nombre de prothèse à commander pour une intervention pour une seule patiente? il en faudra …un nombre de  9:  en effet il faut deux prothèses de chaque sorte, pour chaque taille , plus une prothèse de sécurité supplémentaire par taille  au cas où une des prothèses fournie soit défectueuse;

Il y a donc une logistique très particulière à gérer par le personnel de bloc opératoire et par le chef de bloc,  pour ne pas être à court d’implant au moment de l’intervention;

Si l’on suit très attentivement ce protocole,  il est rare que les patientes soient déçues en post-opératoire; mais il faut de plus  avertir les patientes  que quelques jours après l’opération,les seins  seront plus gonflés que nécessaire, à cause de l’oedème post-opératoire;  la stabilisation finale se fera en général vers la 6e semaine, ainsi que les modifications du positionnement des prothèses toujours hautes  au début,  notamment si les prothèses ont été mise en position rétro-musculaire ….Dame nature les fera descendre par le jeu mystérieux de la gravitation universelle!

belle immage de décolleté

avril 26, 2015

Par le docteur Vladimir MITZ

S’il est une opération où il faut réussir du premier coup, c’est bien celle de l’augmentation mammaire !

En effet, cette opération d’augmentation des seins (relativement onéreuse) fait espérer aux patientes un résultat magique :

Le bon résultat d’une augmentation mammaire doit être immédiat, durable, et conforme aux attentes de la patiente par rapport aux explications qu’elle a reçu en pré-opératoire.

Or, ce n’est pas une opération facile :

Il convient en permanence de limiter les causes d’insatisfaction ou d’insuccès, voire d’erreur, qu’elle soit technique ou qu’elle soit non prévue, même pas signalée dans l’information pré opératoire.

historique

voici bien longtemps que les femmes aux petits seins rêvent d’une augmentation mammaire miraculeuse! Si l’implantation ancienne de boules en ivoire a été abandonnée très vite, d’autres procédés ont été utilisés avec des fortunes plutôt mauvaises: spaghettis de polyéthylène, fragments de derme déspécifié, lipomes recueillis ailleurs sur le corps…

Il a fallu attendre  le 20è siècle pour que l’idée de remplir de trop petits seins avec des membranes élastiques remplies de sérum physiologique marque un réel progrès: ce fut l’idée de l’inventif Dr Arion, fondateur d’une célèbre et toujours active marque de prothèses mammaires françaises!

mais l’augmentation mammaire a réellement pris son essor avec l’introduction de prothèses dont la paroi était en silicone: l’idée en revient aux américains Ger et Cronin, le premier ayant remarqué que les poches de transfusion sanguine étaient nouvellement protégées par des membranes en un nouveau matériau: la silicone!

Ces prothèses historiques en paroi silicone et remplies de gel de silicone  ont perduré pendant plus de 30 ans chez  les premières femmes ayant subi une augmentation mammaire esthétique…

Mais à long terme elles avaient tendance à donner des coques très dures, calcifiées, d’autant que Cronin leur avait adjoint un patch de dacron collant sur la face arrière, pour que ces prothèses collent aux tissus et ne s’échapassent pas!

Le taux de coques était élevé après augmentation des seins par cette méthode: près de 20% des cas; les progrès immenses des prothèses contemporaines, par la purification chimique des composants siliconés et une micro texturation de la paroi, ont abaissé le taux de coques post opératoires à moins de 2%!

les différents positionnements des prothèses mammaires

pour pouvoir comprendre les ennuis post opératoires, il faut réaliser que le chirurgien esthétique peut placer les implants de 3 manières différentes:

1)derrière la glande mammaire, ce qui est la position idéale; encore faut il qu’il existe des tissus de recouvrement satisfaisants, assez denses et épais; sinon les implants deviennent visibles, avec la formation de vagues et et des bords évidents; un lipofilling d’épaississement peut aider; sinon , il faudra placer les prothèses en rétro musculaire…

2)derrière le muscle pectoral: cette solution  a l’avantage de camoufler les prothèses derrière un rideau musculaire, et donc amoindrir sa visibilité en cas de glande mince et de peau maigre; mais l’inconvénient est que les prothèses vont bouger du fait de la contraction musculaire, parfois de façon comique pendant les exercices de gymnastique! Cette déformation s’atténue avec le temps, mais  elle peut préoccuper des patientes perfectionnistes.

de plus le placement des implants en rétro musculaire est douloureux pendant plusieurs jours, et ces implants peuvent demeurer très écartés à cause de l’action des fibres musculaires qui les repoussent sur les côtés;

3) »le dual plan »

Il s’agit de combiner les 2 techniques: les implants sont rétro musculaires dans leur pôle nord; et sous glandulaires ou sous cutanées dans leur pôle sud; Cette technique qui parait astucieuse expose en réalité à des déboires à moyen et long terme car elle peut associer les inconvénient, des 2 méthodes!!

Nous distinguerons quatre types de retouches qui nous paraissent être les plus fréquemment en cause :

1) : La mal façon immédiate, ou l’infection post opératoire

2) : L’apparition d’anomalies mammaires à type de vagues ou de coques moins fréquentes actuellement

3) L’insatisfaction à distance de l’opération mais pendant la période où les prothèses elles-mêmes sont encore parfaitement conservées et en bon état : exemple, une asymétrie mammaire persistante malgré une opération correctement pratiquée

4)le lymphome à grandes cellules, tumeur exceptionnelle liée à certains types de prothèses

1- les retouches précoces pré-opératoires :

En dehors des hématomes géants qui imposent une ré-intervention immédiate, les causes principales d’insatisfaction proviennent d’une mal-position des prothèses.

A cet égard il faut préciser que la technique qui (actuellement) me paraît la mieux adaptée aux patientes qui présentent des seins petits mais néanmoins existants est l’implantation des prothèses par voie axillaire rétro glandulaire et pré musculaire.

En cas de malposition manifeste, une réintervention doit être programmée rapidement;

En cad d’infection grave et profonde autour de la prothèse (biofilm!), la réintervention est souvent nécessaire avec parfois malheureusement un temps de dépose de l’implant, puis sa réintroduction après 4 mois.

2)  L’apparition d’anomalies mammaires à type de vagues ou de coques :

La remise en place de prothèses plus denses , plus volumineuses, et mieux remplies peut aider si des vagues apparaissent; parfois un changement de placement des implants en rétromusculaire pectoral sera la solution avec addition de lipofilling de remplissage autour de l’implant

3) L’insatisfaction à distance de l’opération :

elle peut provenir d’une asymétrie résiduelle intolérable, à corriger par changement d’implant:; un changement subit de la forme de l’implant peut être lié à une rotation de l’implant(la face avant passe en arrière, ou un implant anatomique a son bas qui se place en haut); une correction simple par manoeuvres externes peut être tentée en consultation  et réussit le plus souvent!

voyez la vidéo expliquant la manoeuvre de retournement des prothèses:    copiez dans votre moteur de recherche:http://dai.ly/x19y763

4) Une cause rare et sérieuse  de retouche nécessaire est l’apparition d’un lymphome  anaplasique à grandes cellules post opératoire tardif(LAGC)

il résulte d’une réaction cancéreuse à bas bruit à l’enveloppe siliconée de certains implants; la membrane qui entoure le gel peut être structurée de 3 façons différentes:

  • une membrane lisse , non attaquée par des produits de texturation: risque infime de lymphome!
  • une membrane filamenteuse , imitant les excroissances des couches de polyuréthane parfois employées par certains chirurgiens; ces membranes se brisent et sembleraient favoriser le LAGC
  • une membrane micro texturée, veloutée sans excroissances  qui comporte un risque très faible de LAGC; c’est mon choix favori pour une augmentation mammaire!+++

    Les signes évocateurs de LAGC  après augmentation mammaire datant de plusieurs années sont un accroissement du volume d’un sein ou des deux, l’apparition de zones dures périphériques; une écho et mammographie des  seins confirment  la présence de liquide autour des prothèses; une  ré-intervention est nécessaire pour explorer, vider le liquide, enlever l’ implant et la coque périprothètique,  et procéder à une analyse histologique de la paroi; si confirmation du LAGC il y a, un traitement chimiothérapique complémentaire sera prescrit, conduisant à la guérison dans la majorité des cas.

Heureusement ce scénario est absolument exceptionnel en matière d’augmentation mammaire; mais cela suffit pour que le suivi des patientes soit assidu et précis; nous attendons un registre national des patientes porteuses d’implants mammaires;

après les scandales PIP( le fabricant remplissait certaines prothèses avec un gel de silicone industriel, non médical!), celui des prothèses au gel trop fluide qui dissolvait les membranes protectrices dans les années 1998- ce qui avait conduit à proscrire les implants remplis de gel au profit d’implants gonflés au sérum physiologique(mais qui peuvent alors se dégonfler brutalement!), le temps semble venu d’une certaine confiance et paisibilité en ce qui concerne la technologie au point des prothèses mammaires contemporaines!

en conclusion, paix sur l’augmentation mammaire  aujourd’hui ; des progrès sont encore à prévoir; certains fabricants proposent des implants plus légers, adaptant une technologie de  l’aérospatiale pour remplir le gel de silicone de billes ultra légères; Mais prudence aussi, une technologie sûre vaut mieux que des expériences parfois désastreuses à long terme!

en tout cas , si insatisfaction il y a , une retouche s’imposera…peut être, car il faut toujours peser le bénéfice risque en matière d’augmentation mammaire.

i